N°12


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Nancy, Noël 1971

Mes chers Amis,

Pardonnez-moi d'abord le retard de cette lettre. Inutile de vous en donner les raisons, vous les soupçonnez. Je n'ai pas été malade, mais j'ai eu beaucoup à faire pour rattraper le retard pris en hiver dernier dans le domaine de la prédication... et je n'y suis pas vraiment parvenu.

Me voici en "hibernation" à Nancy. J'en ai profité d'abord pour reprendre le travail des polycopies, interrompu lui aussi. Et je viens vous rejoindre pour Noël...

La colère et l'indignation me paraissent de plus en plus vaines dans la situation actuelle de l'Eglise. Aller jusqu'au bout de la sanctification voulue par Dieu pour chacun de nous reste le seul programme sérieux aujourd'hui comme toujours. Chacun à sa place doit mener le combat apostolique - non pas "en outre" et "par ailleurs", car cela fait partie de notre sanctification - selon les dons qu'il a reçus. Mais la première condition de ce travail apostolique, c'est évidemment de ne pas faire naufrage soi-même : naufrage de la confiance, naufrage de la foi, naufrage de la raison et de la santé intellectuelle. Garder sa tête sur les deux épaules, garder son coeur à la fois pacifié et vibrant, c'est déjà un miracle. J'en ai trop conscience pour ne pas vous y aider d'abord.

A l'occasion de Noël, le plus simple est de vous rappeler qu'il existe un mystère de l'Incarnation. Celui qui veut goûter la joie de Noël doit accepter de comprendre d'abord que Jésus n'est pas partout... justement parce qu'il est quelque part : à Bethléem ou dans l'Eucharistie - et pas n'importe où, n'importe comment et à travers n'importe quoi.

C'est le mystère même de l'Incarnation que visent les diverses "contestations" actuelles. "Peut-on être chrétien aujourd'hui ?" Oui, à condition de prendre ses distances à l'égard de l'Incarnation. On prétend s'en prendre aux "formulations périmées", et on refuse "au nom de l'Evangile" la réalité même du Verbe Incarné. Je voudrais donc regarder avec vous d'un peu plus près comment on en arrive à vider de toute signification la vérité fondamentale de Noël : le Verbe s'est fait chair.

Le corps du Christ est "loin" de nous depuis la Résurrection. Autrefois cela voulait dire loin de nous physiquement - et cet éloignement datait seulement de l'Ascension. Aujourd'hui cela veut dire en fait loin de nous imaginativement et intellectuellement : éloigné de notre mentalité, de nos préoccupations, de ce qui nous paraît sérieux, de ce qui nous paraît réel. Alors on voit où cela mène... Le corps ressuscité n'a plus rien d'un corps au sens où nous l'entendons, c'est un corps "pneumatique", un corps immatériel, un corps non corporel. On se convainc que la science connaît tout des corps ou qu'elle en connaîtra tout, ou qu'elle est radicalement capable d'en connaître tout : et l'idée d'un corps glorieux apparaît vraiment comme peu scientifique, peu compatible avec la vérité scientifique.

Alors, toujours soucieux de s'aligner sur le dit esprit scientifique, les théologiens préfèrent enseigner que le Christ est "vivant" - sans parler de son corps et sans préciser si cette vie est corporelle ou non. Mais comme ils acceptent de moins en moins par ailleurs la distinction de l'âme et du corps, comme il n'y a pas d'existence humaine sans le corps - alors on ne précise pas non plus que le Christ est vivant en tant qu'homme, on laisse s'évanouir l'humanité au profit de la divinité.

Cette tendance à "déshumaniser" le Christ ressuscité va de pair avec une tendance non moins forte à enfermer Jésus dans des limites purement humaines avant sa Résurrection. Le mystère de l'Incarnation, ainsi accommodé au goût du jour, pourrait assez bien se formuler comme suit : Le Christ est vrai homme avant sa mort, et vrai Dieu après sa Résurrection - ce qui sous-entend : le Christ n'est pratiquement pas Dieu avant sa mort, et pratiquement pas homme après sa Résurrection.

Je dis "pratiquement", car on se garde bien de proférer explicitement de pareilles énormités. On est même tout prêt à contredire ceux qui auraient la témérité ou la naïveté d'aller jusque-là. Mais la pastorale et la catéchèse ne présentent pratiquement qu'une figure humaine lorsque le Christ est parmi les Juifs, dépouillée de tout ce qui pourrait le différencier de nous, "excepté le péché" (mais qu'est-ce que le péché ? encore une notion suspecte, qui s'évanouit), soumis comme nous à l'obscurité de la foi et aux incertitudes d'une mission dont il découvrirait progressivement le sens. La même pastorale ne nous présente pratiquement après la Résurrection, qu'un Dieu "vivant" évoqué par des formules aussi vagues que : "Le Christ est vivant, Dieu est Quelqu'un".

La foi dans l'Incarnation, chez ceux qui réfléchissent le plus, pourrait ainsi s'exprimer à travers le Credo suivant : "Je crois que la même personne qui s'appelle Jésus-Christ et fut crucifiée sous Ponce Pilate est aujourd'hui le Fils du Dieu vivant". Faudrait-il presser beaucoup ces chrétiens et ces pasteurs pour qu'ils acceptent la formule : "Le Fils de l'homme est devenu (à travers le mystère pascal) le Fils de Dieu" ? Faut-il beaucoup d'honnêteté, d'autre part, pour reconnaître qu'une telle formule est incompatible avec celles de Chalcédoine et même le Symbole de S. Athanase, qui présentent Jésus-Christ comme vrai Dieu et vrai homme à la fois ? Faut-il enfin une droiture exceptionnelle pour reconnaître dans le Symbole de S. Athanase l'expression de la vraie foi chrétienne ? Si d'une formule à l'autre la doctrine a changé substantiellement, on ne peut pas refuser le titre de chrétienne à celle qui fut traditionnelle jusqu'ici et proclamée par tous les confesseurs de la foi.

Mais le mal qui atteint ces chrétiens et leurs pasteurs est plus radical et plus universel qu'une erreur portant sur un dogme précis - fût-il aussi important que celui de l'Incarnation et de la Résurrection. Si l'on pouvait les acculer à choisir entre les formules de Chalcédoine et les tendances modernes, l'affaire serait vite réglée. Mais vous ne les obligerez pas à choisir... et c'est encore plus grave que toute erreur.

Le refuge adopté par tous ceux qui ne veulent pas se laisser enfermer dans un tel choix - et ils sont légion - est ce que j'appellerai la solution du malaise. En ces temps de psychologie, on substitue de plus en plus à toute profession de foi objective une confession subjective sur son état d'âme. Et c'est ici qu'en effet la psychologie triomphe, car les hommes de ce temps deviennent psychologiquement incapables, non seulement d'embrasser fermement, mais aussi bien de repousser fermement, une profession de foi quelconque. Hantés par le désir de "comprendre et d'équilibrer", il leur est devenu psychiquement impossible d'adhérer à une proposition, si évidente soit-elle, sans y introduire des "nuances" qui sont en vérité la projection de leur panique devant ce qui les arracherait à leur subjectivisme et à leur affectivité flottante. Et du même coup, devant les pires erreurs ils éprouvent aussi le besoin de "nuancer" leur refus.

Bien entendu on ne manque pas d'invoquer, pour justifier cette maladie et la présenter comme un progrès, les incertitudes du langage et ce qu'on appelle le "problème de la communication". On craint beaucoup les étroitesses et les limites de toute formulation humaine, mais derrière cette crainte si haut proclamée je ne peux m'empêcher de discerner, grosse comme le nez au milieu de la figure, ce que j'appellerai la peur de voir, plus profonde encore que la peur d'affirmer ou de nier, et qui commande celle-ci.

Au début on a peur de heurter le voisin, de manquer de charité envers lui... et bientôt on a peur de se heurter soi-même, d'être acculé à des options que notre psychisme malade ne parvient pas à prendre.

De tout temps l'homme a eu peur devant l'interrogation de l'Evangile, l'interrogation du Christ nous invitant au don total. Cette hésitation du coeur est relativement normale tant qu'elle ne déteint pas sur l'intelligence. Mais ce qui est nouveau, c'est d'avoir fait de l'hésitation elle-même un critère de bonne conduite, de maturité... et finalement de vérité.

On invoque bien entendu les exigences de l'esprit critique, la prudence qui ne précipite pas son jugement et ne s'engage pas à la légère. Tout cela est sain comme une préparation convenable à la décision - décision de juger, de conclure par oui ou non, de donner ou de refuser sa confiance, de donner ou de refuser son amour.

Mais lorsque la délibération se poursuit indéfiniment, elle devient maladive. Cette maladie étant très profitable au démon, il importe de lui donner les formes les plus variées, de façon à dissimuler sa permanence à travers des visages multiples. Il y a l'indécision du scrupuleux qui se torture, et celle du dilettante qui s'ennuie. Quoi de plus éloigné en apparence, et de plus secrètement voisin ?

Parmi les trouvailles dont le démon de Lewis doit s'amuser particulièrement, il faut signaler l'idée vraiment géniale d'insister beaucoup sur la notion d'engagement au moment même où l'on injecte aux intelligences chrétiennes le gaz incapacitant qui les détourne maladivement de s'engager. Il suffit pour ce faire d'inviter à l'engagement dans tous les domaines où il n'y a pas de vérité absolue intéressant les profondeurs de l'âme - le domaine politique par exemple. On fait aux chrétiens une querelle de conscience de ne pas s'engager dans les syndicats au moment même où on les dispense de pousser jusqu'au bout le don de soi dans le mariage, la vie religieuse et le sacerdoce.

Comme je l'avais dit dans la Retraite de Montlignon, ceux qui s'engagent vraiment ne parlent pas de leur engagement : ils parlent de leur trésor, de ce à quoi ils se donnent. Ceux qui parlent d'engagement dénoncent bien par là, Freud saurait le leur dire, combien ils ont peur de l'engagement et tentent d'exorciser cette réalité redoutable en lui rendant un hommage bruyant.

Mais il y a mieux : un tour de passe-passe plus délirant encore consiste à s'installer dans les délices de l'indécision elle-même et à se laisser convaincre que c'est une vertu. Bien sûr ces délices ont leurs ronces et leurs épines, mais ces ronces et ces épines permettent au démon de nous présenter l'indécision comme vertueuse : la décision serait dans tous les domaines le fruit d'un besoin infantile de sécurisation.

Un signe évident de ce que je dis là, c'est l'allergie grandissante - élevée petit à petit à la hauteur d'une doctrine - à l'égard de tout engagement irrévocable. On encourage les chrétiens à s'engager dans la politique, mais il n'est pas question de s'attacher aveuglément pour toujours au même parti. L'esprit critique doit garder les yeux ouverts et se transformer aisément en esprit de contestation... un des mots les plus en faveur aujourd'hui. L'esprit de contestation est justement le biais par où la volonté prend ses distances à l'égard des engagements, se tenant prête à les remettre en question à tout instant.

Or tout cela est parfaitement légitime et vertueux, S. Thomas le dit assez, dans le domaine économique et politique, où la complexité des circonstances et la défaillance des hommes interdisent la confiance aveugle et les options irrévocables. Ceux qui ne le comprennent pas et abdiquent leur esprit critique en faveur d'une doctrine ou d'un meneur quelconque obéissent en effet à un besoin plus ou moins infantile de sécurité.

Le sophisme consiste à transposer ces vérités au plan métaphysique - tacitement de préférence, le plan métaphysique étant assez difficile à percevoir pour qu'il soit plus efficace de le traiter par omission. Mais devant les affirmations de la foi et les engagements qu'elle demande, on réagira de la même manière que s'il s'agissait des choses humaines. L'adhésion à un dogme fermement défini sera présentée comme le fruit d'un besoin de sécurité - et chez celui qui enseigne, comme la manifestation d'une volonté de puissance.

Ainsi est-on dispensé de contester aucun dogme en particulier, de le repousser fermement. Ce que l'on repousse une fois pour toutes, c'est l'opposition du oui et du non. Et on ne la repousse pas en la niant, on la repousse en l'expliquant par les déviations psychologiques dont je viens de parler, de façon à ne jamais se situer sur le terrain qui permettrait justement d'aboutir à une conclusion ferme. Une telle opération permet de vider la Révélation comme on vide le café de sa caféine... sans jamais avoir à prendre une position quelconque, en disant oui à tout sans dire non à rien.

Il ne faut pas croire que j'invente ou que j'exagère. Une assemblée de Supérieures contemplatives a été soumise récemment pendant une journée entière à une séance de "non-directivité", séance où l'on s'entraîne exactement à prendre le pli d'une telle attitude. Chacun des participants est invité à s'exprimer "librement" sur un sujet quelconque. Cette soi-disant "liberté" est assortie en fait d'une condition implicite mais féroce : dites tout ce que vous voulez à condition de le présenter comme subjectif, comme une opinion tout à fait personnelle, ne prétendez pas l'imposer aux autres comme une vérité, ce serait nuire précisément à leur liberté de s'exprimer différemment. Le thème choisi pour les contemplatives était savamment situé entre le domaine purement humain (où une telle attitude pourrait à la rigueur se défendre) et le domaine purement dogmatique (où l'on risquait tout de même de provoquer des réactions chez de telles personnes, au moins tant que leur lavage de cerveau ne serait pas consommé) : on avait donc adopté le thème de l'autorité, suffisamment grave et suffisamment vague pour que tous les ravages soient possibles. La prochaine fois on pourrait aborder la foi et la Révélation - en passant peut-être par la vie mystique, transition admirable (surtout chez des femmes) pour tout ramener aux états d'âme du sujet.

Par conséquent il est certain que je ne rêve pas, et que bien au contraire j'essaie de ne pas rêver en face d'une entreprise destinée à nous faire rêver... à substituer le rêve à l'exercice fondamental de l'état de veille qui consiste à juger, à trancher par oui ou par non - et quand on ne sait pas ou que l'on hésite, à dire que l'on ne sait pas ou que l'on hésite, ce qui est encore juger fermement. Sachez bien que le temps est fini où vous aurez affaire à des contradicteurs : vous avez affaire à des malades qui cherchent à vous attirer dans leur maladie en la présentant comme une santé supérieure, qui plaignent sincèrement votre besoin de oui ou de non et se gardent bien d'y contredire, comme on plaint les exigences d'un fou que l'on se garde bien de contrarier.

En face d'un pareil délire, la première chose à faire est de ne pas perdre la tête, ce qui est déjà un miracle. Il ne faut pas avoir peur d'en rester aux évidences du oui et du non, il faut demander la grâce de garder cette santé fondamentale, de ne pas se laisser troubler par la condescendance de ceux qui croient avoir dépassé une logique aussi infantile et offrent de vous initier aux états d'âme supérieurs de la recherche et du malaise. Sans être encore la folie de la Croix, c'est après tout un début de béatitude que d'être pris pour un imbécile.

Mais votre combat n'est pas fini, car si l'on s'aperçoit qu'on ne vous trouble pas, et surtout si vous offrez quelque signe d'intelligence (l'intelligence superficielle accessible aux yeux des aveugles - en plus de l'intelligence "principale" qu'ils prennent pour de la bêtise), alors on cessera de vous plaindre pour vous considérer comme un tyran, un esprit dominateur digne du temps de l'Inquisition : reproche d'autant plus redoutable qu'il est toujours en partie fondé tant que nous ne sommes pas devenus des saints. Je suis donc obligé de dénoncer ici un double écueil :

1) Il est bien tentant de partir en guerre contre les sophismes innombrables secrétés par la maladie que je dénonce. C'est bien tentant et c'est en partie nécessaire, mais c'est terriblement dangereux :

- parce qu'on y épuise ses forces : on attaque les effets sans atteindre la cause, les têtes de l'hydre repoussent au fur et à mesure qu'on les coupe ;

- parce que ce n'est pas l'attitude la plus charitable, ni à l'égard des malades en question, ni par conséquent à l'égard de ceux dont on veut préserver la santé. Lorsqu'un ennemi nous attaque à visage découvert, il est certes difficile, mais théoriquement possible, de le combattre en toute charité, "à la loyale", chacun faisant ce qu'il croit être son devoir, et ne cessant pas pour autant d'aimer l'ennemi. Mais dans une guerre subversive, ou bien vous considérez l'adversaire comme conscient de la malice de ses mensonges - alors à quoi bon combattre de tels mensonges ? que Dieu le juge et prions pour lui ;

ou bien vous le considérez comme victime plutôt que coupable d'une telle malice, trompé plutôt que trompeur. Alors il faut le soigner plutôt que de le combattre : il faut adopter en somme à son égard l'attitude qu'il croit devoir adopter envers nous. La difficulté, c'est de le faire sans mépris ni pharisaïsme - c'est de le faire aussi sans se laisser troubler par la crainte du pharisaïsme, crainte qui engendre infailliblement celle de ne pas avoir raison : "Que sais-tu si tu es en bonne santé ? Qui es-tu pour juger l'autre ? Quelle outrecuidance !" etc.

2) Pour que ces questions ne nous paralysent plus - ce qui est l'autre écueil, combien fréquent chez les pasteurs : la timidité - il faut être plongé par la Vérité même dans un abîme d'humilité. Seule la "force terrible" que constitue l'humilité d'après Dostoïewski peut nous permettre de tenir bon au milieu du surréalisme théologique qui nous entoure... et même de soigner cette maladie en toute sérénité, avec une tendresse impitoyable, chez ceux qui gardent encore assez d'instinct de conservation pour s'accrocher aux bouées qu'ils rencontrent.

Encore faut-il que ces bouées existent, et c'est là notre premier devoir : demander à l'enfant Jésus de nous faire exister dans les profondeurs d'humilité de son Incarnation. Le premier piège par où le démon nous attire hors de cette forteresse imprenable, c'est de nous faire oublier la difficulté d'être chrétien aujourd'hui, de nous faire croire que nous le sommes solidement et que nous devons nous occuper des autres alors même que nous commençons à être entamés par leur maladie. On entend dire partout : "Allez vers les autres, donnez-leur la joie du Christ, ne la gardez pas pour vous"... et cela me fait l'effet d'une exhortation de drogués s'adressant à des cancéreux : "allez vers les autres, ne gardez pas pour vous la joie de la santé..."

Le premier devoir est d'exister, de ne pas se laisser prendre à la folie de vouloir donner ce qu'on n'a pas. La joie de Dieu, la joie de Noël, doit exister en nous, et devenir parfaite (Je veux que vous ayez la joie, et en plénitude) avant que nous la donnions aux autres - tel est le sens du vieil adage, repoussé dédaigneusement aujourd'hui comme le signe d'une piété individualiste et périmée : Charité bien ordonnée commence par soi-même.

Si vous avez peur qu'un tel programme ne vous rende pharisien, transposez la formule, et dites : Humilité bien ordonnée commence par soi-même. L'enfant de la Crèche ne nous demande rien de plus et rien d'autre : devenir assez humble et assez pauvre pour n'avoir plus aucune hésitation quand il s'agit de croire au Sauveur et à tout ce qu'Il nous a dit.

Je demande cette grâce pour moi, et je la demande aussi pour vous, afin qu'elle devienne contagieuse et qu'à travers vous on puisse deviner la présence de la Miséricorde incarnée, "de la bénignité et de l'humanité de Dieu notre Sauveur".

Demandons cette grâce les uns pour les autres, et que nos formules de voeux soient chargées d'éternité : que la Joie de Noël grandisse en nous jour après jour tout au long de la nouvelle année

Fr. M.D. Molinié, o.p.


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